Objet d’études très diverses, le portrait est ici abordé sous un angle original, celui de la sémiotique.

L’ouvrage reconstitue les règles fondamentales du genre, les méthodes de la signification qui dépassent la diversité des supports, des époques et des styles. La sémiotique dialogue ici avec la philosophie, les sciences de l’information et de la communication et les théories de l’art, notamment, pour saisir un double mouvement d’extraction par lequel le monde se transforme en un fond tandis que le visage devient une figure offerte à l’observation.

Cinq approches sont successivement adoptées : la figuralité, la figurativité, la présence, l’énonciation et la réflexivité. Chacune débouche sur une analyse de corpus contemporains : des portraits d’adolescents, des photos de presse et de paparazzi, des portraits électoraux et des photos officielles, des autoportraits peints et des selfies. Le genre du portrait est donc envisagé dans ses formes les plus actuelles et rapporté à diverses pratiques sociales.

Au-delà des lieux communs (les questions de ressemblance, de présence…), l’ouvrage dévoile les lois du genre et permet de faire dialoguer les deux principaux supports du portrait, la peinture et la photographie, en distinguant leurs effets de sens et leurs contributions à l’effet de vie. Car derrière la mise en place d’un protocole d’extraction, ce qui est en jeu dans le portrait, c’est la possibilité de prêter vie à ce qui n’est après tout qu’une figure de papier.

Anne Beyaert-Geslin est sémioticienne, Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication à l’université Bordeaux-Montaigne où elle dirige le laboratoire MICA (Médiations, Informations, Communication, Arts).

Beyaert-Geslin A.
Sémiotique du portrait
deBoecksuperieur
2018

Beyaert-Geslin A., Sémiotique du portrait, deBoecksuperieur, 2018
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